V12 feutré, long capot, cuir Connolly. La grande routière que Jaguar a osé faire après la Type E — longtemps mal-aimée, enfin réhabilitée.
On l'a longtemps snobée. Trop lourde, disait-on ; trop bourgeoise pour succéder à la Type E. Pourtant, glissez-vous derrière ce long capot, tournez la clé, et le V12 5,3 litres s'éveille dans un silence presque gênant — grace, space, pace. La XJS n'a jamais voulu attaquer les cols : elle avale les continents, en cuir Connolly et boiseries vernies, à 230 km/h sans jamais hausser le ton.
Présentée en 1975 pour le millésime 1976, la XJ-S (elle ne deviendra « XJS » qu'au restylage des années 90) hérite d'une mission impossible : succéder à la Type E. Plutôt que d'en copier les courbes sensuelles, Jaguar confie le dessin à Malcolm Sayer, l'aérodynamicien de la Type E, puis à l'équipe de Doug Thorpe après sa disparition. Le résultat privilégie l'écoulement de l'air et la stabilité à haute vitesse plutôt que la pure séduction — d'où ces fameux arcs-boutants de custode qui firent tant débat. Bâtie sur le soubassement raccourci de la berline XJ, c'est une grande routière, pas une sportive. On la boudera longtemps pour cela.
Sous le capot, un seul choix à l'origine : le V12 5,3 litres dérivé de la Type E et de la XJ12, monté longitudinalement, propulsion arrière. Entre 265 et 295 ch selon les millésimes et la version HE (High Efficiency), plus de 230 km/h en pointe, et surtout ce silence de cathédrale qui a fait la légende de la maison. La plupart partent en boîte automatique — Borg-Warner trois rapports, puis ZF à quatre —, la manuelle restant confidentielle. Moins radicale que la Type E, plus feutrée, plus « autoroutière » : la XJS assume une personnalité de gentleman pressé.
Au début des années 80 arrive le six-cylindres en ligne AJ6 de 3,6 puis 4,0 litres, plus léger et bien plus sobre, qui élargit la clientèle sans trahir l'agrément. La gamme s'ouvre au cabriolet (1983) puis à un vrai convertible intégral (1988), triomphe commercial des deux côtés de l'Atlantique. Produite sans discontinuer jusqu'en avril 1996 — plus de vingt ans, quelque 115 000 exemplaires —, la XJS reçoit en fin de carrière le V12 6,0 litres et le six-cylindres AJ16, ses versions les plus abouties, avant de céder la place à la XK8. De mal-aimée, elle est devenue culte : la dernière grande Jaguar classique d'avant l'ère Ford.
Parce que c'est peut-être la dernière vraie GT britannique abordable. Là où une Type E saine dépasse largement les six chiffres, une belle XJS V12 suivie s'obtient encore pour le prix d'une compacte neuve — avec douze cylindres, du cuir Connolly, des boiseries et une allure que rien ne remplace. Longtemps sous-cotée à cause d'un style mal compris, elle est en pleine réhabilitation : le marché commence enfin à rattraper ce que les connaisseurs savent depuis longtemps.
Et parce qu'elle offre une vraie valeur d'usage : le confort, le couple à bas régime, le silence pour enchaîner 800 kilomètres d'autoroute sans fatigue. À une condition, et c'est tout l'enjeu — dénicher un exemplaire sain : caisse préservée de la corrosion, V12 dont le refroidissement et l'injection ont été suivis à la lettre. Une XJS « pas chère » et sans historique se transforme vite en gouffre.
Le conseil du connaisseur : pour rouler sereinement, un 4,0 AJ16 de fin de carrière (fiabilité, pièces disponibles) ; pour l'expérience totale, un V12 6,0 ou HE au suivi irréprochable. Et si le budget suit, le convertible V12 reste la carte maîtresse à la revente.
| Moteur | V12 5,3 L puis 6,0 L, ou 6 cyl. en ligne AJ6/AJ16 3,6-4,0 L — longitudinal avant, propulsion |
| Puissance | V12 : 265–318 ch · 6 cyl. : 225–233 ch |
| Couple | V12 : ≈ 430–495 Nm · 4.0 AJ16 : 377 Nm |
| Transmission | Propulsion, pont arrière dérivé de la XJ, 4 roues indépendantes |
| Boîte | Automatique 3 rap. Borg-Warner puis 4 rap. ZF (manuelle rare) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 6,9 s (V12 6.0) à 7,9 s (4.0 manuelle) |
| Vitesse max | ≈ 229–237 km/h (jusqu'à ~260 km/h pour le V12 6,0 L) |
| Poids | ≈ 1 600–1 800 kg selon version |
| Production | ≈ 113 000–115 000 ex. (1975–1996) |
La XJS demeure l'une des dernières affaires du grand tourisme britannique, mais l'écart est immense entre une auto « pas chère » à reprendre et un exemplaire sain. Le prix se joue sur la motorisation (le six-cylindres séduit par sa sobriété, le V12 par son prestige), la carrosserie (le convertible domine le coupé), l'état de la caisse et surtout la qualité du suivi mécanique :
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Comptez 15 à 18 L/100 km sur route pour un V12 5,3 L bien réglé, et facilement plus de 20 L/100 km en ville ou en conduite dynamique — c'est le prix du silence et de la suavité. Les six-cylindres AJ6/AJ16 sont nettement plus raisonnables, souvent autour de 11 à 13 L/100 km en usage mixte.
Tout dépend de l'entretien. Un V12 suivi (refroidissement, injection, allumage) est durable ; négligé, il coûte cher en surchauffes et pannes électriques. Les six-cylindres AJ6/AJ16 passent pour plus simples et robustes. Avec historique complet, factures de spécialiste et corrosion maîtrisée, une XJS est une GT de loisir fiable ; « pas chère » et sans suivi, elle devient un gouffre.
Le V12 offre l'agrément ultime — silence, suavité, prestige — et les meilleures performances, au prix d'une consommation et d'un entretien élevés. Les six-cylindres 3,6 et 4,0 L sont plus économes et parfaits pour rouler souvent ; beaucoup d'amateurs recommandent un 4,0 AJ16 de fin de carrière pour la fiabilité, ou un V12 6,0 bien suivi pour vivre l'expérience complète.
Oui, pour qui accepte son gabarit, sa soif et ses exigences d'entretien. Elle conjugue une vraie valeur d'usage (confort, couple, longues distances) et une image forte, tout en restant bien plus accessible que la Type E. Les clubs et spécialistes existent, les pièces restent disponibles — à condition d'être intransigeant sur l'état de la caisse et le suivi mécanique.
C'est notre métier : sur un modèle où l'état de la caisse et le suivi du V12 font toute la différence, nous inspectons la structure sur pont, contrôlons le refroidissement et l'injection, écartons les autos rouillées ou bricolées et validons l'historique. Dites-nous sur WhatsApp votre budget, la motorisation et la carrosserie recherchées — coupé ou convertible, V12 ou six-cylindres — et nous partons en chasse.
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia — Jaguar XJS · Automobile-Sportive — Jaguar XJ-S V12 (1975–1996) · British Classic Cars — Jaguar XJS (1975–1996) · ATD France — Jaguar XJ-S, grand tourisme de caractère.