La Porsche qui devait tuer la 911. Grand V8 avant tout alu, châssis transaxle, pont Weissach — la GT autoroutière hautaine que Zuffenhausen réhabilite enfin.
En 1977, Porsche annonce l'impensable : la 928 doit enterrer la 911. Un grand V8 tout en aluminium à l'avant, une boîte reculée sur le pont arrière, un châssis d'un raffinement inédit chez Zuffenhausen. La 911 lui a survécu — mais la 928 reste la plus fascinante des Porsche mal-aimées : une GT autoroutière hautaine, taillée pour dévorer l'Europe à plus de 250 km/h dans un silence de cathédrale.
Conçue au début des années 70 comme le futur vaisseau amiral de la marque, la 928 devait remplacer la 911 refroidie par air, jugée alors sans avenir. Porsche prend le contre-pied total : moteur V8 à l'avant, refroidi par eau, transmission reculée à l'arrière (architecture transaxle) pour un équilibre des masses idéal, carrosserie-fusée dessinée par Anatole Lapine avec ses phares escamotables qui se couchent à plat et sa face avant sans calandre. Le pari est si abouti qu'elle décroche le titre de Voiture de l'Année européenne 1978 — un exploit unique pour une sportive.
Sous le capot, un V8 tout aluminium qui grandit sans cesse au fil de la carrière : 4,5 L (~240 ch) à l'origine, puis 928 S 4,7 L (~300 ch), 928 S4 5,0 L 32 soupapes DOHC (320 ch), 928 GT 330 ch réservée à la boîte manuelle, et enfin la 928 GTS 5,4 L de 350 ch et 500 Nm, ailes élargies. Propulsion, boîte manuelle 5 ou automatique, et le fameux pont Weissach à l'arrière — une correction de train passive qui neutralise le survirage en lever de pied, une première mondiale.
Sur la route, la 928 n'a jamais été la Porsche qu'on lance sur une épingle : c'est une dévoreuse d'autoroute, souveraine, lourde (1 450 à 1 650 kg), d'un confort et d'une stabilité à haute vitesse qui la posent au sommet des GT de son temps. Trop chère, trop atypique, elle n'a jamais tué la 911 — c'est elle qui s'est éteinte en 1995 pendant que la 911 continuait. Environ 61 000 exemplaires en dix-huit ans, dont à peine ~2 900 GTS : une youngtimer complexe, longtemps bradée, aujourd'hui en pleine réhabilitation.
Parce que c'est la GT V8 la plus singulière et la plus sous-cotée de Porsche : grand tourisme autoroutier hautain, châssis transaxle équilibré, V8 alu onctueux, silence et souveraineté à haute vitesse. Un caractère de continent-crusher que ni la 911 ni aucune rivale de l'époque ne reproduisent.
Et parce que le marché redécouvre enfin la 928, tiré par les GT et GTS à boîte manuelle dont la cote décolle. Un bel exemplaire, historique d'entretien lourd suivi et transaxle sain, est un placement qui commence à peine son ascension — à condition, et c'est tout l'enjeu, d'en trouver une saine plutôt qu'une épave dorée.
Le conseil du connaisseur : la boîte manuelle (surtout sur GT et GTS) prime nettement sur l'automatique, et un dossier d'entretien lourd complet vaut plus qu'un beau vernis.
| Moteur | V8 avant, tout aluminium, refroidi eau (4,5 à 5,4 L ; SOHC puis DOHC 32v) |
| Puissance | 240 ch (4,5) · 300 ch (S) · 320 ch (S4) · 330 ch (GT) · 350 ch (GTS) |
| Couple | ≈ 400 Nm (S4) · jusqu'à 500 Nm (GTS) |
| Transmission | Propulsion, architecture transaxle, pont arrière Weissach |
| Boîte | Manuelle 5 rapports ou automatique (3 puis 4 rapports) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 5,7 s (GTS) · ~7 s (premières 928) |
| Vitesse max | ≈ 270–275 km/h (S4 / GTS) |
| Poids | ≈ 1 450–1 650 kg selon version |
| Production | ≈ 61 000 exemplaires (1977–1995), dont ~2 900 GTS |
Longtemps la Porsche « pas chère », la 928 se réveille — tirée par les GT et GTS manuelles. Le prix se joue sur la version (GTS et GT en tête), la boîte (manuelle nettement mieux cotée que l'automatique), l'origine, et surtout l'historique d'entretien (distribution, transaxle, refroidissement) :
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Au début des années 70, Porsche jugeait la 911 refroidie par air en fin de vie et voulait un vaisseau amiral moderne : V8 avant refroidi par eau, châssis transaxle, confort de GT. La 928 est cette voiture. Mais la clientèle est restée fidèle à la 911, qui a finalement survécu à la 928, arrêtée en 1995.
De 240 ch environ sur la 4,5 L d'origine à 350 ch sur la GTS 5,4 L, en passant par ~300 ch (S), 320 ch (S4) et 330 ch (GT). Toujours un V8 tout aluminium à l'avant, monté en architecture transaxle avec la boîte à l'arrière.
Oui, c'est une GT haut de gamme complexe : distribution par courroie à surveiller de près, transaxle, refroidissement du V8 alu et électronique cossue coûtent cher. Bien suivie par un spécialiste, elle est fiable et endurante ; négligée, elle devient un gouffre. C'est le modèle où il faut acheter le dossier d'entretien avant la voiture.
Pour rouler sans se ruiner, une S4 en bon état ; pour le plaisir de conduite, une GT boîte manuelle ; pour la collection et le placement, une GTS manuelle. On privilégie toujours la boîte manuelle et un historique d'entretien lourd complet, plutôt qu'une automatique bradée à l'histoire floue.
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia (Porsche 928) · Elferspot — portrait 928 · Automobile-Sportive — guide occasion 928 · Porsche.com.