Le V6 Busso qui chante, la ligne Pininfarina qui coupe le souffle. Le cuore sportivo dans sa plus belle robe des années 90.
Tournez la clé, patientez une seconde, et écoutez : le V6 Busso s'éveille dans un frémissement grave, puis monte, monte, jusqu'à ce hurlement de soie déchirée que les Alfisti appellent sans rougir « le plus beau bruit du monde ». La GTV 916, dessinée par Pininfarina, n'a jamais cherché à être raisonnable. Elle cherche à vous faire tomber amoureux — et à chaque démarrage, elle recommence.
Présentée à Genève en 1993 et commercialisée à partir de 1995, la GTV Type 916 succède aux Alfetta GTV et GTV6 et reprend un nom de gloire — Gran Turismo Veloce, hérité des Giulia Sprint des années 60. Le trait est signé Enrico Fumia chez Pininfarina : une pointe de flèche, un pare-brise fuyant, cette fameuse arête qui traverse le flanc en biais et un tableau de bord tourné vers le conducteur. Sous la beauté, une architecture plus terrienne : plateforme Tipo Due du groupe Fiat, moteur avant transversal et traction avant. Sacrilège pour certains puristes ; détail pour ceux que le reste emporte.
Au lancement, la gamme mêle le 2.0 Twin Spark 16v quatre cylindres (≈ 150 ch) et un surprenant 2.0 V6 Turbo (≈ 200 ch). Mais le cœur de la légende, c'est le V6 Busso 24 soupapes — d'abord en 3.0 litres (220 ch), puis en 3.2 (240 ch). Dessiné par l'ingénieur Giuseppe Busso, ce V6 à 60° est autant une sculpture qu'une mécanique : collecteurs d'admission peints en rouge craquelé, tubulures alu polies, un compartiment moteur qu'on ouvre juste pour le plaisir des yeux. Et une voix qui, passé 4 000 tours, n'a d'équivalent nulle part.
Trois phases se succèdent (1995, 1998, puis le restylage de 2003 avec sa calandre inspirée de la 147 et son tableau de bord redessiné), jusqu'à l'arrêt en 2005 après près de 80 000 GTV et Spider 916 confondus. La traction avant nourrie par 220 à 240 ch signe le caractère : effet de couple dans le volant, train avant qui travaille, une conduite vivante et bavarde plutôt que chirurgicale. C'est cette combinaison — dernier grand V6 atmosphérique Alfa, ligne intemporelle, tarifs encore doux — qui fait aujourd'hui de la GTV V6 une youngtimer en pleine ascension.
Parce que c'est l'un des derniers grands V6 atmosphériques de l'histoire d'Alfa Romeo, monté dans une carrosserie signée Pininfarina qui n'a pas vieilli — et qu'aucune Alfa moderne n'a jamais retrouvé cette combinaison de son, de ligne et d'émotion. On n'achète pas une GTV V6 pour un chrono : on l'achète pour ce qu'elle vous fait ressentir chaque fois que l'aiguille grimpe.
Et parce qu'à l'échelle du plaisir offert, elle reste encore accessible — mais plus pour longtemps. Les belles 3.0 et 3.2 V6 saines, courroie à jour et coque sans rouille, montent tranquillement. Tout l'enjeu, comme toujours chez Alfa, est d'en trouver une suivie : le charme pardonne les caprices, jamais un entretien bâclé.
Le conseil de l'Alfista : visez une V6 24v (3.0 ou 3.2), avec un historique de courroie de distribution irréprochable et une coque saine — c'est ce trio qui fait le prix, bien plus que le kilométrage.
| Moteur | V6 Busso 3.0 24v (220 ch) puis 3.2 24v (240 ch) — aussi 2.0 Twin Spark 4-cyl et 2.0 V6 Turbo |
| Puissance | 150 ch (2.0 TS) · ≈ 200 ch (2.0 V6 TB) · 220 ch (3.0 V6) · 240 ch (3.2 V6) |
| Couple | ≈ 270 Nm (3.0 V6) · ≈ 289 Nm (3.2 V6) |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Boîte | Manuelle 5 rapports (6 rapports sur la 3.2 V6 Phase 3) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 6,3 s (3.2 V6) · ≈ 6,5 s (3.0 V6) |
| Vitesse max | ≈ 255 km/h (3.2 V6) |
| Dessin | Pininfarina — Enrico Fumia |
| Production | 1995 – 2005 (~80 000 GTV et Spider 916 confondus) |
Le marché sépare nettement les 4-cylindres Twin Spark (encore très abordables) des V6 Busso, seules réellement convoitées. Le prix se joue sur la cylindrée (3.2 Phase 3 en tête), l'état de la coque (la rouille est l'ennemie n°1), la fraîcheur de la courroie de distribution et la qualité du suivi :
Prix observés en temps réel sur le marché de l'occasion (agrégé), mis à jour chaque nuit. Basculez entre Monde, Europe et France.
👉 C'est exactement là qu'on intervient : on vérifie tout ça pour vous avant l'achat.
Pour le frisson, c'est le V6 Busso 24v — 3.0 (220 ch) ou, mieux encore, la 3.2 (240 ch) de la Phase 3, dernière du nom. Les 2.0 Twin Spark sont plus douces à vivre et bien moins chères, mais elles n'ont pas la voix qui fait tout l'intérêt de la GTV.
Robuste s'il est suivi, redoutable s'il ne l'est pas. Le point critique est la courroie de distribution (et le variateur de phase), à remplacer à intervalle serré sous peine de casse moteur. Avec un entretien rigoureux, huile surveillée et refroidissement sain, le Busso passe les kilomètres sans drame.
Oui, c'est son principal défaut. Passages de roue arrière, bas de caisse, plancher de coffre et berceau avant sont à inspecter sur pont. Une 916 saine de coque vaut toujours mieux qu'une belle carrosserie posée sur une structure rongée : c'est le premier critère de tri.
Ça vit dans les mains : un effet de couple assumé, un train avant très présent, une conduite vivante et communicative plutôt que clinique. Beaucoup d'Alfisti adorent précisément ce caractère « brut » — mais mieux vaut des pneus avant de qualité et un train roulant en bon état.
C'est exactement notre métier sur ce modèle : on vérifie la coque sur pont, on exige la facture de courroie du Busso, on écoute le variateur à froid et on trie les caprices électriques. Écrivez-nous sur WhatsApp votre budget, la cylindrée visée (3.0 ou 3.2) et vos critères — on part à la chasse.
Dites-nous votre budget et vos critères — on part la chercher pour vous.
◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia (Alfa Romeo GTV et Spider — Type 916) · Automobile-Sportive — fiche GTV 916 V6 · Motor Legend — Alfa Romeo GTV 916 · L'Automobile Magazine — guide d'achat Alfa GTV.