La petite bleue de Dieppe. Châssis-poutre, coque polyester, moteur en porte-à-faux : la berlinette qui a offert à la France son premier titre mondial des rallyes.
Il n'y a pas de voiture plus française que la berlinette. Une coque de polyester moulée sur une simple poutre d'acier, un petit 4-cylindres Renault suspendu derrière l'essieu arrière, moins de 700 kilos — et de quoi humilier des GT deux fois plus grosses sur une spéciale enneigée. C'est ça, l'A110 : l'art de Dieppe, pas la force brute.
Tout part de Jean Rédélé et de son atelier de Dieppe. La berlinette A110, dévoilée au Salon de Paris fin 1962 et lancée en 1963, prolonge la A108 en poussant plus loin une idée simple et géniale : mouler une coque de polyester sur une poutre centrale en acier, y greffer la mécanique de la Renault 8, et placer le moteur en porte-à-faux, tout à l'arrière. Le premier 4-cylindres fait 956 cm³ ; viennent vite les 1100 et 1300 issus des R8 Major et Gordini.
Au fil des années 60 et 70, la cylindrée grimpe de 956 à 1 647 cm³, toujours un 4-cylindres culbuté Renault gavé par un ou deux carburateurs Weber. La structure, elle, ne change pas : châssis-poutre, quatre roues indépendantes, quatre freins à disque sur les versions abouties. Les 1300 S (environ 110 ch) puis les 1600 S (autour de 125 à 140 ch DIN) deviennent les berlinettes de référence. Le secret n'est pas dans les chevaux : c'est le poids, 570 à 790 kg selon les versions, qui donne à la petite Alpine des performances de GT avec de modestes cylindrées.
Sur les spéciales, la légende s'écrit. Agile, motrice en côte, increvable sur la neige, l'A110 rafle le Monte-Carlo et offre à Alpine-Renault le premier titre de champion du monde des rallyes constructeurs, en 1973. Produite jusqu'en 1977 à environ 7 500 exemplaires, la « petite bleue » quitte la scène en icône : design pur à phares ronds, palmarès imbattable, comportement de propulsion à moteur arrière comme aucune autre. La sportive française par excellence.
Parce que c'est la sportive française patrimoniale par excellence — celle qui a battu le monde entier avec un moteur de Renault 8 et une coque en plastique. Une mécanique simple, un plaisir de pilotage sans filtre, et une place à part dans l'histoire du rallye que rien ne pourra lui reprendre.
Et parce qu'une berlinette saine, matching numbers, dans sa configuration d'origine, est une valeur qui ne cesse de grimper. À une condition — et c'est tout le métier : ne pas acheter une 1300 déguisée en 1600 S, ni une coque magnifique posée sur une poutre pourrie.
Le conseil du connaisseur : une auto Dieppe, matching numbers et fidèle à sa configuration d'origine prime toujours sur un palmarès « enjolivé » sans preuve. Sur une 1600 S ou une Gr4 annoncée, exigez les archives club, les carnets d'engagement et la correspondance des numéros.
| Moteur | 4-cylindres en ligne Renault, 956 à 1 647 cm³, culbuté, carburateurs Weber (40/45 DCOE) |
| Puissance | ≈ 55 ch (956) à ≈ 140 ch DIN (1600 S) · plus de 160 ch en 1800 Groupe 4 |
| Couple | ≈ 73 Nm (956) à ≈ 140–150 Nm (1600 S routière) |
| Architecture | Moteur en porte-à-faux arrière, châssis-poutre acier, coque polyester, 4 roues indépendantes |
| Boîte | Manuelle 4 ou 5 rapports (Renault type 330/353) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 7,5 s (1600 S) · ≈ 8,5 s (1300 S) |
| Vitesse max | ≈ 170 km/h (petites cylindrées) à 210–215 km/h (1600/1800) |
| Poids | ≈ 570 à 790 kg selon versions (≈ 650–720 kg pour les sportives routières) |
| Production | ≈ 7 500 exemplaires (7 579 souvent cités), 1962–1977 |
Le marché de la berlinette est solide et bien tenu. Le prix se joue sur la version (1300 vs 1600 vs 1800, route ou usine), l'authenticité (matching numbers châssis/moteur/boîte), la qualité de la restauration structurelle (châssis-poutre refait au gabarit) et, pour les autos à palmarès, la présence d'un historique sportif vérifiable :
Prix observés en temps réel sur le marché de l'occasion (agrégé), mis à jour chaque nuit. Basculez entre Monde, Europe et France.
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La 1300 S utilise un 1 296 cm³ d'environ 110 ch DIN ; la 1600 S reçoit un 1 565 cm³ plus gros et plus coupleux, autour de 125 à 140 ch, avec des trains roulants et des freins majorés. La 1600 S est plus rare, plus performante et mieux cotée — mais une 1300 S saine, matching numbers et bien réglée reste une berlinette délicieuse, souvent le meilleur rapport plaisir/prix pour rouler.
Parce que tout, dans sa conception, chasse le poids : une coque en polyester au lieu de l'acier, une simple poutre centrale comme épine dorsale, un habitacle dépouillé et un petit 4-cylindres Renault. Selon la version, l'A110 pèse de 570 à 790 kg — d'où ses performances de GT avec de modestes cylindrées, et son agilité légendaire sur les spéciales.
Oui. En 1973, l'A110 offre à Alpine-Renault le tout premier titre de champion du monde des rallyes constructeurs, au terme d'une saison de domination marquée par des victoires majeures, dont le Rallye Monte-Carlo. C'est ce palmarès qui a fait de la « petite bleue » une icône.
La base mécanique Renault est simple et robuste bien entretenue, et une berlinette suivie (refroidissement, allumage, carburation soignés) sort volontiers. Mais c'est une sportive ancienne, légère et bruyante, à la coque et au châssis vulnérables en cas de choc : parfaite pour le plaisir et les rassemblements, moins pour un quotidien intensif.
C'est exactement notre métier sur un modèle aussi piégeux : on fait expertiser le châssis-poutre sous la coque, on recoupe les numéros et la configuration d'origine avec les registres Alpine, et on écarte les 1300 déguisées en 1600 S comme les palmarès sans preuve. Dites-nous votre budget et votre version rêvée sur WhatsApp, on part en chasse.
Dites-nous votre budget et vos critères — on part la chercher pour vous.
◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia — Alpine A110 · Automobile-Sportive.com — Alpine A110 Berlinette (1962-1977) · Motorlegend — Histoire : Alpine A110, le chef-d'œuvre · LECAAV — Fiche technique Alpine A110.